Myriad Blog 1.3.0 Thursday, Jul 31st, 2014 at 09:43am 

Memories Friday, Jun 2nd, 2006 at 05:17pm
Une cloche Thomson, sonne...

1985. A cette époque, il sortait une nouvelle marque d'ordinateur chaque mois. Le géant de l'électronique Française, Thomson, décida de s'y mettre. Le marché était juteux. "Miam !" On du se dire les costard-cravates, devant les courbes ascendantes en couleur. "Il faut saisir l'opportunité de la conjoncture".
Bien sur, l'effort de Thomson sera essentiellement porté sur la manière de vendre le plus de machines et non pas sur les capacités de ces machines elles mêmes. Ayant obtenu le monopole (avec Bull Micral) du marché de l'éducation, Thomson s'apprétait à produire des "sous-ordinateur" et empocher des bénéfices collosaux.
Le premier à apparaître sera le TO7. Doté d'un stylo optique et d'un clavier à membrane, il se voulait "sérieux et familial". Je me rappelle, chez S*** rue Kennedy, avoir observé du coin de l'oeil, une personne essayant un TO7 en démonstration. Elle commence à taper sur le clavier, mais c'est si désagréable et douloureux aux doigts, qu'elle réfléchit deux secondes, saisit le stylo optique et s'en sert pour presser les touches !  
Pour dire à quel point ces ordinateurs étaient "pensés" : le MO5 avait un bouton de "reset" bien en vue sur le dessus. Une simple pression malencontreuse, un livre inconsidérement posé sur la machine et tout était effacé...Génial sur un nano-réseau.
Alors, que ce soit le TO7 ou un peu plus tard le MO5, le constat sera le même. Alors que les ordinateurs individuels n'avait pas 5 ans, Thomson avait réussit à manquer deux ou trois générations... Pas de mode vidéo, pas de circuit sonore (le processeur devait tout gérer sur un bit),  comme on disait à l'époque, des ordinateurs "tout pourri de l'intérieur". La seule chose que l'on pouvait porter à leur crédit était le microprocesseur, un 6809, excellent composant. Certainement un moment d'égarement de Thomson qui, pour poursuivre dans la continuité, aurait du choisir le Z80...
Mais par contre, une campagne basée sur l'effet "Cocorico" : "C'est Francais, mon bon Monsieur", et un monopole dans l'éducation "Vous comprenez Monsieur, votre enfant pourra travailler sur le même ordinateur qu'en classe", fait que le MO5 va se répandre. Et nous proposer un nouvel axe de travail...
by Didier Guillion
 1 comment.

Memories Tuesday, Jun 6th, 2006 at 05:15pm
Le 5ème axe

1985. Que cela nous plaise ou non, même si l'on considère cela comme injuste au vu de ces capacités, le MO5 est là et se vend comme des petits pains tricolores. Mais toute médaille à son revers. En dépit des franches rigolades que nous a procuré la simple lecture de ses caractéristiques techniques, nous savons que l'on achète un ordinateur pour plein de bonnes raisons pédagogiques mais qu'ensuite on cherche surtout à y mettre des jeux dessus. Or, des jeux il n'y en a pas. Typiquement Franco-Français, le MO5 n'intéresse pas les éditeurs anglo-saxons. Ses capacités sont trop primaires pour envisager le portage simple de jeux tournant sur de vrais ordinateurs (Mis à part l'excellent "Aigle d'Or" qui sera adapté de l'Oric au MO5 avec un succès plus que mérité)
Loriciels nous contacte avec insistance pour nous demander une version MO5 de Véga. Nous leur expliquons que, même si Véga n'utilise que 5% des capacités fabuleuse du Commodore 64, c'est totalement impossible à faire sur un Thomson. Ils insistent lourdement et nous nous mettons à réfléchir à un jeu spécifique au MO5. Une particularité de la machine nous intrigue.

 
L'unique mode vidéo du MO5 gère de manière séparée le plan noir et le plan couleur. Ceci permettrait de travailler assez rapidement sur deux plans. Nous imaginons donc des personnages en noir et blanc, évoluant sur un décor défilant en couleurs (4 couleurs il ne faut pas trop espérer).
 
Rapidement le principe du 5ème Axe voit le jour. Il ne nous reste plus qu'a appliquer la routine habituelle : écrire un assembleur/ désassembleur 6809 en Basic, s'en servir pour écrire un assembleur/désassembleur en assembleur, écrire avec celui-ci un éditeur pour les graphismes...
 
Vous pouvez lire sur cette page l'histoire du jeu.
En six mois, le 5ème axe voit le jour et les cassettes envoyées aux principaux éditeurs. Aussitôt les coups de téléphone pleuvent, ce qui nous permet de négocier un pourcentage sur les ventes plus intéressant. Finalement, nous signons avec Loriciels, qui nous demande dans la foulée une version pour CPC 464...
by Didier Guillion
 1 comment.

Memories Friday, Jun 9th, 2006 at 04:49pm
Le CPC 464-664

En octobre 1985, nous faisons l'acquisition d'un CPC 664 (version avec lecteur de disquette du 464)  pour porter le 5ème Axe qui commence à se vendre très fort sur Thomson. La machine est nettement plus évoluée qu'un MO5 (Il faut l'avouer, ce n'est pas vraiment difficile). Ce n'est toujours pas l'équivalent du Commodore 64, mais cela tient la route. Le problème est que nous devons assurer le portage très rapidement : un mois et nous n'avons jamais vraiment travaillé en Z80. (Les processeurs sont différents et bien sûr tout notre programme est écrit en langage machine). De plus, nous étions respectivement, Olivier lycéen et moi étudiant en Biochimie, c'était les cours la journée et la programmation la nuit, week-end et vacances.

Nous choisissons de faire un cross-développement (développement croisé, on édite/compile sur une machine autre que celle qui exécute le programme). Nous écrivons un assembleur/désassembleur Z80 sur Thomson, un programme de conversion de code 6809 en Z80 et connectons Thomson et Amstrad via un cable branché sur le port parallèle.  
Nous profitons du fait que, contrairement au Thomson, l'Amstrad possède un circuit sonore, pour ajouter une musique polyphonique pendant le jeu, musique écrite à l'origine sur Commodore 64 par Gilles Soulet à l'aide de notre logiciel K-Muse.  
 
La version CPC sera livrée juste à temps pour les fêtes de Noël, mais l'écran intégré de très mauvaise qualité du CPC m'aura abimé les yeux à un point tel que je suis resté pendant plusieurs semaines sans pouvoir supporter la lueur d'un écran vidéo...
Le 5ème Axe campera une position résolue, pendant plusieurs mois, au top ten des meilleures ventes de jeu en France, (même Hebdogiciel en a dit du bien...)  mais nous étions déjà sur un autre projet, un jeu résolument différent de tout ce qui pouvait exister...
 
by Didier Guillion
 1 comment.

Memories Wednesday, Jun 14th, 2006 at 04:39pm
Sapiens (1/3)

En cette année 1986, le jeu vidéo se divise grossièrement en trois catégories. Les jeux de simulation (mais la puissance des ordinateurs n'est pas encore là pour donner une vraie dimension à ce type de jeu), les jeux de "Shoot them up", où l'on tire sur tout ce qui bouge (Doom en sera l'aboutissement en 3D quelques années plus tard), et les jeux d'aventure où il faut résoudre des énigmes pour aboutir au but. Des trois catégories, c'est le jeu d'aventure qui sollicite le plus de réflexion de la part du joueur. Mais, en général, cela se présente comme un jeu de l'oie, où une énigme dans chaque case permet de passer à la case suivante.  Nous avions dans nos cartons l'idée d'un jeu où le degré de liberté serait immense, un compromis entre le jeu de simulation, arcade et aventure.
Notre création précédente le 5ème Axe, se vendait très bien, nous pouvions donc prendre le risque de nous faire plaisir en tentant l'originalité. Le joueur serait plongé dans un monde immense et il ferait ce qu'il voudrait. L'"aventure" se créerait selon ses actes ce qui garantirait une partie réellement différente à chaque fois.
Une fois le principe posé, il nous fallait trouver un cadre qui puisse "entrer" dans les ordinateurs à notre disposition. L'aspect dépouillé du néolithique nous est très vite apparu : conversations simples, nombre d'objets limité, paysages homogènes. Le personnage sera donc un homme préhistorique. L' Homo Sapiens Néandertalensis fut choisi car à l'époque on commençait déjà à réabiliter ce Sapiens et certains scientifiques le dégageait de l'aspect simiesque où l'on voulait le cantonner.
 
Le découpage de jeu dégagea deux modules principaux, et deux subalternes. Tout d'abord il nous fallait montrer en vue subjective le paysage avec montagnes, arbres, nuages, soleil, etc. Ensuite, en vue latérale, le personnage lui-même pour les scènes de discussion, troc, chasse et combat.
Les modules mineurs furent la taille des silex pour fabriquer des armes et la création du personnage.
 
Des proposition de module comme fabrication de vêtements ou allumage de feu furent abandonnées. Egalement, l'idée initiale intégrait les sens de l'odorat et de l'ouie dans la perception de l'environnement. Ceci aussi passa à la trappe.
 
A partir de la position dans le plan de jeu, des racines d'un générateur de nombre pseudo-aléatoire étaient calculées, et produisaient un décor différent mais reproductible : si le personnage revenait au même point, il retrouvait l'endroit tel qu'il l'avait vu. La "grille" faisait ainsi trois millions de points différents.
 
Dans notre esprit, le milieu naturel était proche de la savane africaine actuelle, nous avons donc construit un algorithme de "pousse d'arbre" qui simulait des arbustes tel que l'on peut en voir aujourd'hui en Afrique, à partir du générateur de nombres pseudo-aléatoires . Ceci fut utilisé dans la vue latérale.
 
Lorsque Loriciels nous a envoyé les rushes de la jaquette nous avons bondit. Il n'y avait pas de Stegausores à cette époque ! Mais ils  n'ont rien voulu savoir...
by Didier Guillion
 2 comments.

Memories Friday, Jun 16th, 2006 at 05:00pm
Sapiens (2/3)

Dans Sapiens, et contrairement aux jeux qui existaient alors, il fallait avant tout priviligier la diplomatie, les cadeaux, échanges d'objets et éviter les combats. Un joueur qui voulait aller loin, devait en premier lieu repérer les sources qui lui permettrait de se désaltérer et remplir ses gourdes.
Ensuite, pour manger, il était impératif de ramasser des pierres, les tailler pour se fabriquer lances, haches et chasser le lapin. Le deuxième objet essentiel etait l'outre que l'on pouvait remplir d'eau afin de traverser des régions où il n'y avait pas de sources.
Plusieurs tribus se partageaient le monde, les "Pieds Agiles", tribu de notre héros, dont les ressources étaient la cueillette et la chasse. Au Nord Est, les "Yeux malins", pacifiques, plutôt spécialisés en objets manufacturés et experts en négoce. Au Nord Ouest les "Hyènes Folles", des fanatiques violents avec qui il était très difficile de négocier autrement qu'en fracassant des haches sur les cranes ou vice-versa.
Alors, bien évidemment le joueur qui persistait, dès le début du jeu à insulter son chef puis se battre avec lui, se retrouvait pourchassé par l'ensemble de sa tribu et ne passait pas la journée...
 
Un grand plaisir, c'est que 20 ans après, j'entends encore dire "Sapiens ? J'ai rien compris, j'arrêtais pas de mourir de soif et tout le monde me tapait dessus..."
 
Plutôt tenaces, nous voulions coûte que coûte mettre de la musique, et ce, même si l'ordinateur n'avait pas de circuit sonore. C'est le principe de la modulation delta qui sera appliqué. Une fréquence "porteuse", très aiguë est émise sur le bit unique est modulée pour simuler plusieurs voix simultanées (autrement dit, comment jouer un quatuor de Mozart sur un buzzer de montre-bracelet). La musique sera écrite sur "K-Muse" par Gilles Soulet et son dynamisme contribuera largement au succès du jeu.  
 
by Didier Guillion
 1 comment.

Memories Tuesday, Jun 20th, 2006 at 05:15pm
Sapiens (3/3)
Sapiens fut proposé au Printemps 1986 à plusieurs éditeurs, les négociations furent âpres et passionnées, et c'est une fois de plus Loriciels qui fut choisi comme éditeur. Un éditeur Lyonnais bien connu, qui nous avait filouté entretemps sur un autre travail, n'était plus dans la course.
 
Dans la foulée de la version MO5 de Sapiens, une version pour CPC fut développée ainsi que différentes variantes pour TO7, MO6, TO8 (sur un prototype non carossé en provenance directe de chez Thomson), et pour TO9. Quand Loriciels nous demanda, fin 1986, une version pour Compatible PC de Sapiens (mode CGA) nous décidâmes de revoir notre mode de travail. N'existait-il pas un moyen de ne pas avoir à tout réécrire à chaque fois ? A l'époque c'était la grande guerre entre le Pascal et le C. Nous connaissions un peu le Pascal pour l'avoir pratiqué à la Fac, mais pas du tout le C. En tout cas, les "Pascaliens" honissaient le C, en particulier une revue "Pascallissime", particulièrement virulente. Cela nous a mis la puce à l'oreille (on ne médit que ce sur ce que l'on jalouse) et avons regardé ce langage un peu plus en détail. Le C portait le sobriquet d' "assembleur portable", alléchant...
Rien d'assembleur dans le C, mais un langage simple (simpliste même) mais surtout portable. Nous avons acheté un livre et nous nous y sommes mis. Notre premier programme en C a été l'adaptation de Sapiens pour PC.

Les mêmes sources furent utilisés mi-1987 pour sortir une version Atari ST de Sapiens, et 20 ans plus tard pour créer une version Macintosh à l'occasion de l'anniversaire de Sapiens.
 
C'est sur Atari ST que nous découvrons notre premier circuit sonore qui permette de jouer des sons numérisés. Nous créons ainsi, à notre connaissance, le premier jeu pour Atari à utiliser une musique de fond jouée avec des instruments numériques. Le son de flûte de pan avait été enregistré à partir d'une canne à pêche en roseau que nous avions sciée.
 
Nous gardons un très bon souvenir de l'Atari ST.
 
En 1987, Sapiens reçut le Tilt d'Or Canal Plus du meilleur jeu d'aventure.  
Le 5ème Axe et Sapiens nous avaient un peu rodé au métier et permis de constituer un petit capital. Le statut d'auteur de logiciel indépendant était encore nouveau et très ambigu. Nous avons alors décidé de monter une société pour travailler dans un cadre plus "officiel".
by Didier Guillion


Full view
Reduced view
Most recent first
Oldest first
All
Didier Guillion
Olivier Guillion
Sylvie Ricard
All
Dev News
Technical
Mood
Memories
Myriad Life
To be seen
30 previous days
Apr 2006
May 2006
Jun 2006
Jul 2006
Aug 2006
Sep 2006
Oct 2006
Nov 2006
Dec 2006
Jan 2007
Feb 2007
Mar 2007
Apr 2007
May 2007
Jun 2007
Jul 2007
Aug 2007
Sep 2007
Oct 2007
Nov 2007
Dec 2007
Jan 2008
Feb 2008
Mar 2008
Apr 2008
May 2008
Jun 2008
Jul 2008
Aug 2008
Sep 2008
Oct 2008
Nov 2008
Dec 2008
Jan 2009
Feb 2009
Mar 2009
Apr 2009
May 2009
Jun 2009
Jul 2009
Aug 2009
Sep 2009
Oct 2009
Nov 2009
Dec 2009
Jan 2010
Feb 2010
Mar 2010
Apr 2010
May 2010
Jun 2010
Jul 2010
Aug 2010
Sep 2010
Oct 2010
Nov 2010
Dec 2010
Jan 2011
Feb 2011
Mar 2011
Apr 2011
May 2011
Jun 2011
Jul 2011
Aug 2011
Sep 2011
Oct 2011
Nov 2011
Dec 2011
Jan 2012
Feb 2012
Mar 2012
Apr 2012
May 2012
Jun 2012
Jul 2012
Aug 2012
Sep 2012
Oct 2012
Nov 2012
Dec 2012
Jan 2013
Feb 2013
Mar 2013
Apr 2013
May 2013
Jun 2013
Jul 2013
Aug 2013
Sep 2013
Oct 2013
Nov 2013
Dec 2013
Jan 2014
Feb 2014
Mar 2014
Apr 2014
May 2014
Jun 2014
Jul 2014
Jul 30th, 2014 at 07:27pm 
Comment from Nicou59
VST ??
Jul 30th, 2014 at 04:59pm 
Article from Olivier Guillion
Harmony et les VST(i) Partie 1
Jul 30th, 2014 at 04:59pm 
Article from Olivier Guillion
Harmony et les VST(i) Partie 1
Jul 29th, 2014 at 04:58pm 
Article from Didier Guillion
Harmony 9.6 et autre étape 701
Jul 28th, 2014 at 05:14pm 
Article from Olivier Guillion
Harmony 9.6 étape 700
Jul 26th, 2014 at 02:33pm 
Comment from AJOURDANE
banque de sons
Jul 25th, 2014 at 08:44pm 
Comment from Nicou59
VST ??
Jul 25th, 2014 at 08:44pm 
Comment from Nicou59
VST ??
Jul 25th, 2014 at 05:00pm 
Article from Didier Guillion
Harmony 9.6 étape 699
Jul 24th, 2014 at 07:30pm 
Comment from Oliveira
Soy de la

Top of page
Last update:  (c) Myriad 2013